Cut Copy

Melbourne, 2001. Dan Whitford réussit sa carrière de graphiste grâce à Alter, l'agence de communication visuelle qu'il a créée avec Jonathan Wallace quelques mois plus tôt. DJ, producteur, musicien, il écrit des chansons pendant son temps libre.

Il se décide à enregistrer sous le nom de Cut Copy un maxi intitulé I Thought of Numbers (2001). Le disque est loin d’être mémorable ; cependant des titres tels que « Drop the Bomb », qui mêle électro et hip-hop, laisse présager bien mieux… Whitford réalise assez rapidement qu’il ne peut pas finaliser ses projets en solo. En 2003, il recrute Tim Hoey (basse et guitare), Bennett Foddy (basse et claviers) et Mitchell Scott (batterie). La formation s’avère fructueuse puisque leur premier album paraît l’année suivante chez le label Modular… tandis que Foddy quitte le groupe et part étudier la bioéthique dans la prestigieuse université de Princeton.

Bright Like Neon Love, entièrement composé, écrit et produit par Whitford, est assez réussi. Cut Copy s’y confirme comme un groupe définitivement du côté de l’électronique, d’où l’usage de vocodeurs et autres effets sonores chers à Daft Punk, dont ils se sont visiblement inspirés, comme le démontre le single « Future ». La bonne réception de Bright Like Neon Love convainc Universal de les distribuer internationalement.

En 2005, Cut Copy commence à se faire une belle réputation en assurant les premières parties des tournes internationales de Franz Ferdinand, Bloc Party et Mylo. Mais c’est en 2007, lorsqu’ils se produisent aux côtés de Daft Punk à Sydney, que l’Australie succombe à leurs rythmes disco et électroniques.

Couleurs fantômes
Pour le deuxième album de Cut Copy, Whitford fait appel au producteur anglais Tim Goldsworthy, chef de file du label DFA (The Rapture, LCD Soundsystem). Celui-ci l’a convaincu en lui racontant qu’il avait fait l’école buissonnière dans les années 1980 pour suivre My Bloody Valentine, groupe fétiche de Whitford, en tournée. Goldswothry joue ainsi un grand rôle dans la conception de l’album, enregistré avec du matériel analogique plutôt vintage, usant et abusant de tous les ingrédients des pionniers de la French Touch, comme Etienne de Crécy, Air ou Daft Punk.

In Ghost Colours sort en mars 2008 en Australie, et se classe aussitôt en très bonne place dans les classements nationaux, s’imposant comme le disque de l’été. C’est seulement en juin qu’il est publié dans le reste du monde, et qu’il reçoit les louanges de la critique. En effet, il a le don de mixer différentes périodes musicales et différents styles de musique tout en homogénéisant l’ensemble par une base résolument electro, mais très influencée par le disco.

Le genre est considéré par Whitford, passionné d’histoire de la musique, comme le fondement de la musique dansante d’aujourd’hui. Ce qui place le groupe dans une ambiance à la fois rétro et futuriste… et qui colle parfaitement avec l’air du temps. Le troisième album Zonoscope publié début 2011 recense les différentes influences du groupe, tandis que le single « Need you Now » se fraie un chemin sur les dancefloors.