Sevdaliza

L’ascension de Sevdaliza, née à Téhéran puis élevée à Rotterdam, semble irrépressible. Alors qu’elle poursuit une tournée internationale prospère, cette ex-basketteuse de l’équipe néerlandaise devenue chanteuse dévoile un nouvel EP baptisé The Calling.

« J’aimerais vous inviter à rejoindre l’ère bleue de Majora Cerridwen, avec The Calling, écrit-elle sur son compte Instagram. Elle est la déesse de la lune, du blé et de la nature. Elle est la sainte patronne des poètes ». Le discours quasi-ésotérique de Sevdaliza souligne la pochette photographiée par Yann Weber de cet EP constitué de sept titres dont les singles Soul Syncable et Human Nature. Elle y apparaît en position foetale, enchaînée, une pierre de lune irridescente dissimule sa pupille.

Ce personnage mi-humain mi-divin que Sevda Alizadeh construit depuis son entrée autodidacte dans l’univers de la musique fascine un nombre toujours plus grand de disciples. À la manière d’une Björk, Sevdaliza repousse les limites de la pop qu’elle élève à coups de clips futuristes, de collaborations avec des artistes contemporains et de looks inédits. Mais c’est surtout sa diction hypnotique, ses textes spirituels et ses productions infusées de références au R’N’B, à la musique électronique et aux sonorités persanes qui amènent le genre sur un terrain que seule Björk est jusqu’ici parvenue à fouler.

Après le succès tant critique que public de son premier album studio ISON dévoilé l’an passé, la chanteuse – invitée par Givenchy à jouer lors de son aftershow parisien hiver 2018 – poursuit avec The Calling une oeuvre jeune mais déjà riche. Dans 5d, extrait de l’EP, elle chante « We belong to the stars » et cela ne fait aucun doute.